Obésité : quel lien avec les traumatismes de l’enfance ?

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Rédigé par Estelle B. et publié le 13 décembre 2020

L’obésité représente un véritable fléau de santé publique au niveau mondial. Cette maladie multifactorielle implique des facteurs génétiques et environnementaux, mais peut-être aussi des facteurs psychologiques. C’est en tout cas ce que suggère une récente étude japonaise, dont les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Plos One.

Enfant obèse seul dans un coin

Obésité et facteurs psychologiques

L’obésité est reconnue unanimement par les experts comme une maladie multifactorielle. Une seule cause ne peut être identifiée et elle survient majoritairement à la conjonction de plusieurs facteurs. Récemment, des chercheurs japonais se sont intéressés à l’influence de facteurs psychologiques.

L’étude a été menée sur 20 000 adultes japonais, âgés de 20 à 64 ans. L’objectif de cette étude était d’identifier les causes du surpoids et de l’obésité, au travers d’un questionnaire sur le mode de vie et la santé. Au total, les chercheurs ont analysé 5 425 questionnaires.

Des antécédents psychologiques dans l’enfance peuvent favoriser l’obésité à l’âge adulte

Des différences significatives ont pu être mises en évidence entre les femmes atteintes d’obésité et celles de poids normal, concernant :

  • L’origine socio-économique ;
  • Le niveau d’éducation ;
  • La situation par rapport à l’emploi ;
  • Les activités extrascolaires au cours de l’adolescence ;
  • Les difficultés rencontrées pendant l’enfance.

A partir de ces résultats, plusieurs nouveaux facteurs liés à l’obésité ont pu être mis en évidence chez chez les femmes, mais pas chez les hommes :

  • La violence physique ;
  • L’insuffisance de nourriture ou de vêtements ;
  • L’existence de traumatismes pendant l’enfance.

Prendre en compte la composante psychologique de l’obésité

Comment ces facteurs peuvent-ils être liés à l’obésité à l’âge adulte ? Pour les chercheurs, l’existence de l’un ou de plusieurs de ces facteurs augmenterait le risque :

  • De développer une addiction au tabac ;
  • D’envie de consommer des aliments gras ou sucrés.

Cette étude japonaise est la première étude à révéler un lien entre la violence physique ou psychologique pendant l’enfance et l’obésité à l’âge adulte. Ces nouvelles données confirment l’intérêt d’une prise en charge globale des personnes obèses, et notamment une prise en compte des antécédents psychologiques, qui peuvent profondément perturber le lien et la perception de l’alimentation.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– LES ENFANTS QUI ONT VÉCU DES TRAUMATISMES, DE LA VIOLENCE OU DES PRIVATIONS COURENT PLUS DE RISQUES DE SOUFFRIR D’OBÉSITÉ À L’ÂGE ADULTE. ligue contre l’obesité. Consulté le 10 décembre 2020.
– Sex difference in the association of obesity with personal or social background among urban residents in Japan. Journals plos. Consulté le 10 décembre 2020.