« Maladie du soda », conséquence de la malbouffe

Mar 27, 2017 par

Contracter une cirrhose sans même avoir jamais bu une goutte d’alcool ou avoir été en contact avec un virus, c’est possible. Cette affection jusqu’à présent mal connue, surnommée la « maladie du soda » fait des ravages dans la population française.

maladie soda

La maladie du soda ou la NASH

La NASH ou la Stéatohépatite non-alcoolique, est plus connue sous le nom de la maladie du soda. Cette affection est récente, puisqu’elle n’est reconnue que depuis 2012. Et pourtant, on estime à 3 voire 6 millions le nombre de français atteints. Les experts s’attendent même, d’ici 2020, à la voire devenir la première cause de transplantation hépatique, devant l’hépatite C.

Le développement de la maladie du soda est insidieux. Elle débute lentement et de manière silencieuse par ce que l’on appelle une stéatose, autrement dit un foie trop gras. L’accumulation de graisse dans le foie provoque une inflammation chronique, ainsi qu’une dégénérescence des cellules hépatiques.

Infographie dangers soda

La cirrhose résultant de cette évolution, peut dans certains cas déboucher sur un cancer hépatique ou engendrer des complications comme, une insuffisance hépatique, des hémorragies digestives ou encore de l’ascite (fuite de sérum sanguin au travers les vaisseaux dans l’abdomen). De plus, la maladie du soda est très souvent accompagnée de comorbidités (troubles associés) tels que le diabète ou l’obésité. Ainsi, la première cause de mortalité des patients atteints de NASH, soit 38% des décès, est représentée par les maladies cardiovasculaires.

La NASH est dite « silencieuse ». Elle ne provoque aucun symptôme ni douleur pendant de nombreuses années, jusqu’à ce que la cirrhose se déclare. Cette affection est un phénomène inquiétant puisqu’il est de plus en plus fréquemment rencontré chez les adolescents.  En France, il y a de quoi tirer la sonnette d’alarme. En effet, entre 1999-2002 et 2009-2012, les données montrent une augmentation de 100% de personnes atteintes de la maladie du soda (soit un passage de 2 millions à 4 millions de personnes présentant une NASH avec fibrose). Cette percée fulgurante de l’affection est d’autant plus impressionnante lorsqu’on la met en rapport avec celles déjà préoccupantes du diabète (+43%) et de l’obésité (+23%).

La NASH, un enjeu de santé publique

Tandis que la maladie du soda gagne davantage de terrain chaque année, aucun traitement n’est disponible à ce jour, et le seul diagnostic, une biopsie hépatique, est invasif. C’est la raison pour laquelle, la biotech française Genfit s’est lancée dans la bataille avec le développement de son nouveau médicament : élafibranor. Ainsi, la molécule encore en cours d’essai clinique devrait être l’une des premières à apparaître sur le marché.

La biotech ne compte pas s’arrêter là, puisqu’elle a également lancé un fond de dotation, The Nash Education Program, s’élevant à 1.9 million d’euros. L’objectif est de sensibiliser la population, mais aussi les médecins au NASH. Il est important que tout le monde, et en particulier les professionnels de santé, soit bien informé sur cette maladie afin de ne pas « culpabiliser » les patients en leur disant que l’alcool en est la cause.

La NASH ne doit pas être confondue, comme elle l’est pourtant hélas très souvent, avec la cirrhose alcoolique. La maladie du soda est une affection liée à l’épidémie d’obésité et de diabète, dont l’origine reste l’alimentation et le mode de vie. Ainsi, la malbouffe, notamment une alimentation trop riche en sucre, semble en être en cause. Le fond de dotation se donne également pour mission de trouver un moyen diagnostic plus simple et moins invasif que la biopsie.

Selon le président de Genfit, la NASH ne doit pas être uniquement le problème des gastro-hépatologues. Une collaboration entre les diverses spécialités comme les  endocrinologues, les médecins généralistes ainsi que les cardiologues semble primordiale pour faire face aux patients de plus en plus nombreux.

Dans l’attente des nouvelles molécules, la seule option disponible dans le cas d’une cirrhose est la transplantation. De nos jours, la prévention est donc le meilleur des traitements, alors plus que jamais :

  • Ne pas manger trop gras ou trop sucré ;
  • Pratiquer une activité sportive régulière.

Charline D., Pharmacienne


Sources :
Nash, l’épidémie silencieuse. Panorama du médecin n° 131. 20-26 mars 2017.

Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.