Arrêt des analogues du GLP-1 : quels effets sur le poids à long terme ?

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Rédigé par julier et publié le 14 avril 2026

Les analogues du GLP-1 sont des médicaments injectables qui ont profondément modifié la prise en charge de l’obésité ces dernières années. Utilisés initialement dans le traitement du diabète de type 2, certains d’entre eux sont aujourd’hui prescrits pour favoriser une perte de poids importante, parfois de l’ordre de 15 à 20 % du poids initial.

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Mais que se passe-t-il à l’arrêt du traitement ? La reprise de poids est-elle inévitable ? À quelle vitesse les kilos peuvent-ils revenir ? Les bénéfices métaboliques se maintiennent-ils dans le temps ? Voici ce que montrent les données d’une étude publiée dans le British Medical Journal en janvier 2026.

Quelle est la place des analogues du GLP-1 dans le traitement de l’obésité ?

Les analogues du GLP-1 appartiennent à une classe de médicaments appelés incrétinomimétiques. Ils reproduisent l’action du GLP-1 (glucagon-like peptide-1), une hormone digestive naturellement sécrétée après les repas.

Leur mécanisme d’action est multiple :

  • Stimulation de la sécrétion d’insuline, qui régule le taux de sucre dans le sang ;
  • Diminution de la sécrétion de glucagon, hormone qui augmente la glycémie ;
  • Ralentissement de la vidange gastrique, ce qui prolonge la digestion ;
  • Action centrale sur l’appétit et la satiété.

L’ensemble de ces effets contribue à réduire la prise alimentaire et à améliorer certains paramètres métaboliques, notamment la glycémie. Dans les essais cliniques, ces traitements permettent souvent une perte de poids significative chez les personnes vivant avec une obésité.

La prise en charge nutritionnelle reste un élément central du traitement, à la fois pour limiter les effets indésirables digestifs des analogues du GLP-1 et pour construire des habitudes alimentaires durables.

Arrêt des analogues du GLP-1 : une reprise de poids fréquente

Pour comprendre l’évolution du poids après l’arrêt des analogues du GLP-1, des chercheurs de l’université d’Oxford ont réalisé une méta-analyse publiée dans le BMJ. Elle s’appuie sur la revue de 37 études incluant plus de 9 000 participants ayant suivi différents traitements pour perdre du poids.

Les résultats montrent que les patients traités par les incrétinomimétiques les plus récents (Ozempic, Wegovy, Mounjaro) avaient perdu en moyenne 15 kg.

Selon les chercheurs :

  • La reprise de poids atteint environ 10 kg la première année ;
  • Le retour au poids initial survient en moyenne 18 mois après l’arrêt du traitement.

La reprise pondérale s’accompagne également d’une perte progressive des bénéfices cardiométaboliques observés pendant la perte de poids. Les chercheurs estiment que la glycémie, la tension artérielle ou les lipides sanguins reviennent vers leur niveau initial dans un délai d’environ 1,4 an après l’arrêt du traitement.

L’obésité, une maladie chronique qui nécessite souvent une prise en charge prolongée

Ces résultats renforcent le fait que l’obésité est une maladie chronique et récidivante. Même après une perte de poids importante, l’organisme met en place des mécanismes physiologiques qui favorisent la reprise pondérale, notamment par des modifications de l’appétit et du métabolisme.

Dans la pratique, environ 50 % des patients interrompent les analogues du GLP-1 dans l’année suivant leur initiation, en raison d’effets indésirables digestifs, de contraintes liées aux injections ou encore du coût du traitement.

Pour les chercheurs, ces observations soulignent l’importance d’envisager les analogues du GLP-1 dans une stratégie de prise en charge globale et durable. Les traitements médicamenteux peuvent faciliter la perte de poids, mais ils ne remplacent pas les autres piliers du traitement :

  • Une alimentation adaptée et structurée ;
  • Une activité physique régulière ;
  • Un suivi médical et nutritionnel à long terme.

Ces éléments restent essentiels pour maintenir la perte de poids et limiter le risque de reprise après l’arrêt d’un traitement.

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À retenir — Reprise de poids à l’arrêt des analogues du GLP-1

Selon la méta-analyse publiée dans le BMJ en 2026 :

  • 37 études regroupant 9 341 participants ont été analysées ;
  • La reprise de poids moyenne après arrêt des traitements est d’environ 0,4 kg par mois ;
  • Le retour vers le poids initial est projeté autour de 1,7 an ;
  • Les marqueurs cardiométaboliques pourraient revenir vers leur niveau initial en environ 1,4 an.

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Les analogues du GLP-1 représentent aujourd’hui un outil thérapeutique majeur dans la prise en charge de l’obésité. Toutefois, les données issues d’une méta-analyse publiée dans le BMJ indiquent qu’une reprise de poids est fréquente après l’arrêt du traitement, avec un retour vers le poids initial observé en moyenne en moins de deux ans. Ces résultats rappellent que la prise en charge de l’obésité repose sur une approche globale et durable, dans laquelle les traitements médicamenteux s’intègrent aux côtés des stratégies nutritionnelles et du suivi médical.

Sources
   Weight regain after cessation of medication for weight management: systematic review and meta-analysis www.bmj.com. Consulté le 4 mars 2026