Nouveaux médicaments contre l’obésité : un cadre de prescription clarifié par les experts

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Rédigé par julier et publié le 27 janvier 2026

L’arrivée récente de nouveaux traitements médicamenteux de l’obésité (TMO) suscite à la fois de nombreux espoirs et de nombreuses interrogations, chez les patients comme chez les professionnels de santé. Pour répondre à ces questions et encadrer leur utilisation, le Groupe de concertation et de coordination des centres spécialisés de l’obésité (GCC-CSO) et le réseau FORCE ont publié, fin novembre 2025, une prise de position nationale. Ce document vise à accompagner la prescription, sécuriser les parcours de soins et rappeler que ces traitements médicamenteux s’inscrivent dans une prise en charge globale et au long cours de l’obésité, aujourd’hui reconnue comme une maladie chronique.

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Quels sont les traitements médicamenteux de l’obésité disponibles ?

Trois traitements médicamenteux de l’obésité sont actuellement disponibles en France pour la prise en charge de l’obésité chez l’adulte. Ils appartiennent à la classe des incrétinomimétiques, des médicaments qui agissent sur des hormones impliquées dans la régulation de l’appétit et du métabolisme, également connus sous le nom d’agonistes des récepteurs du GLP-1.

Il s’agit :

  • Du liraglutide (Saxenda), disponible depuis 2021;
  • Du sémaglutide (Wegovy), délivré en pharmacie depuis 2023;
  • Du tirzépatide (Mounjaro), disponible depuis 2024.

Ces traitements médicamenteux de l’obésité sont indiqués en seconde intention, c’est-à-dire après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle et comportementale menée pendant au moins six mois. Ils sont prescrits en association avec des mesures hygiéno-diététiques, chez les adultes présentant :

  • Une obésité (IMC ≥ 30 kg/m²) ;
  • Un surpoids (IMC ≥ 27 kg/m²) associé à au moins une comorbidité liée au poids.

Depuis juin 2025, la primo-prescription et le renouvellement de ces traitements ont été élargis à l’ensemble des médecins, renforçant la nécessité d’un cadre de prescription clair.

 

Les experts rappellent que la place des TMO dans la prise en charge de l’obésité a été définie par la Haute Autorité de santé (HAS). Celle-ci recommande de privilégier leur utilisation dans les formes d’obésité sévère, notamment les obésités de niveau 2 et 3.

Le choix de la molécule doit être individualisé, en tenant compte :

  • Du profil clinique de la personne ;
    Des comorbidités associées;
    Du niveau de preuve scientifique concernant les bénéfices attendus, sur la perte de poids, mais aussi sur les maladies associées à l’obésité.

Certaines situations constituent des contre-indications à la prescription, comme :

  • L’insuffisance rénale terminale;
  • La gastroparésie;
  • Certaines maladies inflammatoires de l’intestin.

Le traitement doit être réévalué régulièrement. Une perte de poids insuffisante justifie un arrêt du traitement. À l’inverse, un amaigrissement excessif peut traduire un risque de dénutrition et nécessite une adaptation des doses, voire un arrêt.

Point essentiel souligné par les experts, l’obésité étant une maladie chronique, l’arrêt systématique du traitement après un plateau de perte de poids s’accompagne le plus souvent d’une reprise pondérale et d’une dégradation des comorbidités. Les TMO doivent donc être envisagés comme des traitements de fond, avec une réévaluation régulière du rapport bénéfices-risques.

Informer et accompagner les patients tout au long du parcours

Pour promouvoir une utilisation raisonnée et sécurisée des traitements médicamenteux de l’obésité, les experts insistent sur la qualité de l’information délivrée aux patients. Ceux-ci doivent comprendre :

  • Les mécanismes d’action des traitements ;
  • Les bénéfices attendus, mais aussi leurs limites;
  • Les effets indésirables possibles, notamment digestifs ;
  • Les signaux d’alerte devant conduire à consulter.

La prescription d’un TMO ne peut se concevoir sans une prise en charge globale préalable, incluant une intervention sur le mode de vie et la prise en charge des troubles du comportement alimentaire.

Pendant le traitement, une alimentation variée, peu transformée et riche en nutriments, associée à un suivi nutritionnel adapté, permet :

  • De limiter les effets secondaires digestifs;
  • De prévenir les risques nutritionnels, tels que les carences, la sarcopénie ou la dénutrition.

 

Avec cette prise de position nationale, les experts français de l’obésité rappellent que les traitements médicamenteux de l’obésité constituent une option thérapeutique supplémentaire, mais en aucun cas une solution isolée. Leur efficacité et leur sécurité reposent sur une prescription encadrée, un suivi régulier et une prise en charge multidisciplinaire, fondée sur les données scientifiques actuelles. L’enjeu est désormais d’intégrer ces traitements dans des parcours de soins cohérents et adaptés à la complexité de l’obésité

 

Sources
– Centre spécialisé de l’obésité : Prise de position nationale sur les traitements médicamenteux de l’Obésité et leur accompagnement en pratique. www.obesitefrance.fr. Consulté le 16 décembre 2025